Négociation sur les classifications, du 17 novembre 2017 :
Pour l’UIMM, la rupture sociétale c’est 3 fois oui !
L’UIMM veut mettre en place un système de classifications régressifs pour les salariés et profitables aux employeurs. Un système qui permettrait au patronat d’aggraver les effets néfastes des organisations du travail, telles que le Lean manufacturing, visant à flexibiliser davantage le travail.A l’issue de 14 mois de négociations sur les classifications dans le cadre des négociations de branche, le patronat de la métallurgie tente de provoquer une rupture sociétale au travers du dispositif de classifications.
Tout au long de cette négociation, le patronat de la métallurgie adopte une attitude schizophrène :
- en évoquant d’une part, à chaque séance, la nécessité de garantir l’attractivité de la branche pour attirer dans les entreprises des salariés diplômés, qualifiés et formés;
- et d’autre part, en refusant de reconnaitre via son projet de classifications des emplois et non des individus les diplômes et l’expérience
Ainsi, avec le classement du poste de travail au détriment des individus et la suppression de l’évolution automatique de carrière:
- l’UIMM va aggraver le manque d’attractivité des métiers de la branche et renforcer les prétendues difficultés de recrutements auxquelles seraient confrontés les employeurs de la métallurgie.
- les salariés n’auront plus de réel déroulement de carrière et de salaire, leur permettant de se projeter dans la branche et de vivre de leur
Au travers de ce texte mis en réserve, l’UIMM pourrait sacrifier l’avenir d’une des principales branches de l’économie française, tant en nombre de salariés qu’en création de la valeur ajoutée, avec pour objectif de réduire la part des salaires pour accroitre encore plus la rentabilité des entreprises au service des actionnaires.
Un texte mis en réserve dans l’attente de la finalisation de l’ensemble de la négociation de branche, fin 2018 :
Sur la proposition de l’UIMM, la CFDT, FO et la CFE-CGC acceptent la mise en réserve de l’accord sous certaines conditions. Elles valident ainsi ce texte et acceptent de passer à un autre thème.
La CFTC a annoncé qu’elle n’aura plus qu’un statut d’observateur, n’étant plus représentative dans la branche.
La position des autres organisations syndicales, au sujet de l’accord de classification, ne doit souffrir d’aucun jugement de valeur de la part de la CGT.
Pour ce qui nous concerne, nous n’acceptons pas la mise en réserve de l’accord et souhaitons que l’UIMM poursuive la négociation, dans le but d’améliorer les Droits collectifs et individuels des salariés, pour garantir une branche de la métallurgie forte et attractive.
Nous continuerons à porter notre projet de classifications avec un véritable déroulement de carrière permettant le doublement du salaire sur la carrière, la reconnaissance des diplômes et des savoirs et savoir-faire des salariés, et la réévaluation de la prime d’ancienneté dans les négociations et auprès des salariés.
Cette mise en réserve ne signifie pas la clôture de la négociation sur les classifications, au final ce texte reviendra sur la table au bout de la négociation de l'ensemble du dispositif conventionnel de la branche, fin 2018. Pour cela, la CGT va poursuivre la construction du rapport de forces, élément essentiel pour faire basculer cette négociation au bénéfice des salariés et du développement de l'emploi.